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Méfiez-vous des contrefacteurs

Depuis un certain temps, les livres des éditions Lambert-Lucas sont diffusés gratuitement sur le net par des sites de pirates professionnels qui s’affranchissent du droit français de la propriété intellectuelle. Je n’en donnerai pas les noms pour ne pas leur faire de publicité. J’attire l’attention sur le fait que nous ne sommes pas assez riches pour les attaquer en justice. Les gens qui se font de l’argent avec mon travail sont, en regard de la loi, des contrefacteurs, autrement dit des faux-monnayeurs.

Un autre point mérite d’être relevé : c’est que lorsque des Prix Nobel appellent à mettre gratuitement en ligne les résultats de la recherche scientifique, ils cautionnent ces pirates qui se réclament du "droits d’accès à la culture pour tous" et ils leur servent de cache-sexe idéologique. L’État français, qui par la loi Axelle Lemaire ou la politique éditoriale du CNRS, vise le même résultat, agit dans le même sens.
Je ne sais pas ce que je peux y faire, sinon dénoncer cet état de fait et faire connaître le péril que représentent ces manœuvres pour l’édition scientifique.
Quand les pirates auront ruiné les éditeurs, que restera-t-il aux dits pirates pour gagner leur vie ? S’installer en relecteurs free-lance ?
Marc Arabyan

Disparition de Martiros Minassian (1926-2016)

Martiros Minassian a été le premier titulaire du Centre de recherches arménologiques de l’Université de Genève.

Le Centre de recherches arménologiques de l’Université de Genève a le triste devoir d’annoncer la disparition de Martiros Minassian, survenue le 2 juillet dernier à Contamines sur Arve, et dont la nouvelle nous parvient seulement maintenant.

Originaire d’Akcay (près d’Alexandrette), où il était né en 1926, Martiros Minassian avait obtenu sa première formation auprès du monastère de Bzommar, au Liban. En 1947, il s’était établi en Arménie, où il avait parfait sa formation à l’Institut Brusov et à l’Université d’Etat d’Erevan, auprès de laquelle il avait obtenu un doctorat en linguistique et philologie arméniennes. Il avait ensuite collaboré avec l’Institut de linguistique de l’Académie des Sciences d’Arménie (1960-1962) et avec l’Université d’Etat d’Erevan (1966-1970). En 1971-1974, il avait enseigné l’arménien classique au monastère Saint-Jacques de Jérusalem et à l’Université hébraïque de la même ville.

M. Minassian a été le premier responsable du Centre de recherches arménologiques de l’Université de Genève, créé en 1974, suite à un accord entre la Fondation des Frères Ghoukassiantz et le Département de l’instruction publique du Canton de Genève. Comme il aimait le rappeler, engagé en tant que chargé de recherches, peu après le début de son activité, il avait proposé au Doyen de l’époque de transformer son poste en une charge de recherche et d’enseignement, proposition qui fut acceptée. Dans cette première phase, le cursus en études arméniennes ne fut pas reconnu comme branche officielle de la Faculté, mais seulement comme branche à option (sans plan d’études), rattachée au russe. Cette démarche, ainsi que l’enseignement de la langue arménienne (ancienne et moderne) assuré régulièrement dans les années suivantes, constituent néanmoins le présupposé de tous les développements à venir. On rappellera que le Centre est actuellement une chaire à part entière et qu’il offre une formation complète en langue, littérature et civilisation arméniennes anciennes et modernes, au niveau du bachelor, du master et du doctorat.

Très sensible aux questions didactiques, Minassian est l’auteur de manuels et de grammaires de la langue arménienne dans ses trois branches (ancienne, moderne occidentale et moderne orientale). Il est également l’auteur de très nombreux ouvrages et articles scientifiques portant sur la langue arménienne ancienne, ainsi que d’une édition du Contre les Sectes d’Eznik (Ve siècle), accompagnée de notes et concordances (Genève 1992). Parmi ses derniers travaux, il convient de citer la Grammaire descriptive de l’arménien classique (publiée également en arménien), Genève 1996, Naxnik‘ (édition des corrections textuelles de Norayr Buzandatsi chez les anciens auteurs arméniens, d’après l’original déposé à la Bibliothèque universitaire de Göteborg), Genève 1996, ainsi que la nouvelle édition de son Cours intensif d’arménien ancien (Lisbonne, 2002).

Centre de recherches arménologiques, et en particulier Valentina Calzolari et Bernard Outtier, qui avaient succédé à M. Minassian en 1993, rendent hommage à l’activité du premier titulaire du Centre et tiennent à exprimer à la famille du collègue disparu leurs condoléances les plus sincères.

Présentation de "Critiques de l’anglais" au Reid...

Présentation du livre de Claire Joubert, "Critiques de l’anglais", paru récemment chez Lambert-Lucas, suivie d’une table ronde qui réunira autour de l’auteur : Catherine Bernard, François Rastier et Marc Arabyan.
En partenariat avec la Librairie Tschann.
Pour des raisons de sécurité, il convient de s’inscrire :
Rsvp en ligne : http://events.reidhall.com/en/?event=1461854555
Pour en savoir plus : http://globalcenters.columbia.edu/content/la-situation-du-langage-discussion-et-débat
Lieu : Reid Hall / Columbia Center
Adresse : 4 rue de Chevreuse, 75006 PARIS
Date : 30 mai 2016
Heure : 18h30

C. Granger sur la destruction de l’université

[http://www.nonfiction.fr/article-8283-vers_un_nouvel_ordre_universitaire_.htm
jeudi 21 avril 2016 - 13:00]

LA DESTRUCTION DE L’UNIVERSITÉ FRANÇAISE

Éditeur : La Fabrique, 180 pages, 13 euros

CR par Romuald BODIN et Sophie ORANGE

L’ouvrage de Christophe Granger fait suite à une série de travaux récents sur l’Université française, faisant état de sa situation dégradée et partageant une même tonalité pessimiste. Le point de vue adopté par l’auteur diffère néanmoins pour au moins deux raisons de ces travaux.
D’une part, alors que nombre de travaux abordent la question de la situation de l’Université par le prisme de son public, ses évolutions, sa composition scolaire et sociale ou encore la thématique de l’abandon en premier cycle, Christophe Granger porte la focale sur les enseignants chercheurs, la transformation de leurs conditions de travail et de la définition de leur métier. D’autre part, contrairement aux thèses dominantes actuelles, l’auteur considère que les difficultés rencontrées par l’Université ne sont pas les conséquences d’un mal congénital, lié aux spécificités de son fonctionnement par rapport aux autres formations d’enseignement supérieur (absence de sélection, académisme des formations, etc.) mais sont au contraire causées par des attaques venant de l’extérieur. Ce n’est donc pas que l’institution universitaire serait par nature désajustée aux attendus du monde actuel et du public des étudiants, mais bien qu’une série de réformes ont contribué à sa fragilisation. On assiste donc à une « destruction » de l’université plutôt qu’à sa « crise ».
Au final, dans son ouvrage, Christophe Granger dresse la chronique de la perte d’autonomie de l’Université à l’égard du monde économique et, partant, établit l’existence d’un processus d’assujettissement croissant aux injonctions du marché. D’une part, les enseignants chercheurs et les chercheurs apparaissent de plus en plus soumis aux impératifs d’une recherche commandée par et pour l’extérieur et non pensée par et pour la science (développement massif de la recherche par contrat, transformation du métier de chercheur par la nécessité de répondre à des appels d’offre). D’autre part, le temps des études n’est plus envisagé comme un « temps suspendu » qui place les étudiants hors du monde, mais l’on assiste au contraire à un double mouvement qui renforce en amont le lien entre les appartenances sociales et le type de filière suivie par l’accentuation de la segmentation de l’enseignement supérieur et qui en aval ajuste toujours plus les formations à la demande économique, par la professionnalisation des enseignements et par l’augmentation de la valeur accordée à certaines disciplines comme la gestion.
Les conditions de possibilité d’un nouvel ordre universitaire
L’ouvrage est construit selon trois parties et suit une logique cumulative pour démontrer que la situation actuelle de l’Université n’est ni le produit de processus contingents ni le résultat de failles inhérentes au modèle universitaire. Au contraire, la thèse de l’ouvrage de Christophe Granger est que la situation dégradée de l’Université répond d’une logique destructrice sciemment conduite et finement orchestrée par les promoteurs d’un nouveau modèle de production et de diffusion du savoir, connu sous le nom d’« économie de la connaissance » et qui s’est fortement développé depuis une vingtaine d’années.
Dans la première partie du livre, l’auteur propose une généalogie de la précarisation de la profession d’universitaire pour soutenir l’idée qu’on assiste à un processus de dérégulation interne progressif et durable qui affecte considérablement la définition et l’exercice du métier. Il montre clairement que la situation actuelle de l’Université n’est pas le résultat de phénomènes conjoncturels, comme par exemple les épisodes de massification auxquels on impute pourtant souvent la cause de la fragilisation et de la dévaluation de l’institution, mais qu’elle est bien le fruit d’une politique déployée depuis le début des années 2000 et qui remet clairement en cause l’autonomie de l’institution.
La seconde partie consiste à montrer que le désordre qui touche actuellement le métier d’universitaire est non seulement orchestré mais aussi programmé. Surtout, ce désordre organisé constitue la condition même de possibilité des réformes. D’une part, en ce qu’il permet le déploiement d’un discours de la crise qui affaiblit l’Université et qui oblige et justifie la refondation de l’institution. D’autre part, parce que ce désordre constitue en réalité l’ordre normal de fonctionnement du nouveau modèle universitaire, fondé sur la flexibilité.
La troisième partie poursuit la radiographie de ce nouvel ordre en insistant sur le rôle joué par l’existence de surnuméraires de la recherche et de l’enseignement. Contre l’unité et la continuité du corps des universitaires qui prévalaient jusqu’à la seconde moitié du vingtième siècle, Christophe Granger montre, avec de nombreux exemples à l’appui, que la production d’une armée de réserve d’universitaires (notamment par la création de nouveaux statuts et de nouveaux types de contrats de travail) ne constitue pas une scorie ou une simple dérive du nouveau modèle d’Université, mais participe de son mode structurel d’organisation. Lorsque Christophe Granger conclut sur la « fin de l’histoire », c’est bien pour signifier que l’impression d’inaboutissement que peut renvoyer la multiplication de statuts et de types de contrats nouveaux dans la profession ne doit pas laisser présager d’une stabilisation à venir. Bien au contraire, cette déstabilisation du métier constitue sa propre fin.
La nouvelle temporalité universitaire
Au final, la destruction de l’Université française constitue une véritable rupture temporelle qui affecte aussi bien les conditions d’études, les conditions de la recherche que les modalités de la carrière universitaire.
Les formations universitaires, devant désormais répondre aux attentes du marché économique, sont sommées de s’ajuster. Dans ce nouveau paradigme, les étudiants ne sont plus considérés comme des citoyens en devenir mais des travailleurs en puissance. Les réformes pédagogiques transforment les cursus et les savoirs de façon à produire des diplômés prêts à l’emploi plutôt que des savants et/ou des diplômés prompts au recul critique. La professionnalisation des filières, la montée de la pédagogie par projets, l’approche par compétences constituent autant de mutations idéologiques qui participent à la formation d’exécutants plutôt que de penseurs. Le temps des apprentissages est morcelé (l’étude de cas prend le pas sur le cours marginal qui permettait le développement d’une argumentation complète) et aliéné (soumis à l’action plutôt que préservé des contraintes séculières).
Un autre changement temporel affecte les conditions de la recherche. Là encore, les impératifs de la rentabilité et de la compétitivité battent la mesure d’une recherche cadencée, ponctuée par les réponses aux appels à projets. La gestion administrative de la recherche commandée crée de nouvelles tâches et transforme le métier de chercheur. Le temps de la science est réduit à sa portion congrue, dans un métier toujours plus morcelé et bureaucratisé.
Enfin, dans ce modèle du taylorisme universitaire, le temps des carrières est fondé sur l’incertitude. Les contrats courts sont légions et l’armée de précaires employés pour faire la recherche ne peuvent se projeter dans un avenir professionnel ni personnel. Ils interviennent sur des séquences d’une recherche découpée et ne voient souvent pas l’aboutissement de leur travail.
La force argumentative de cet ouvrage est de montrer le caractère global, systématique et systémique de cette nouvelle idéologie de la recherche, par une énumération d’exemples et de situations qui donnent le sentiment d’une entreprise inéluctable. Mais contre cette « fin de l’histoire », Christophe Granger oppose néanmoins le constat d’un certain nombre de résistances à l’œuvre (collectifs de précaires, etc.) et formule un certain nombre de propositions pour une redéfinition de l’Université, qui constituent comme une respiration bienvenue dans un état des lieux assez étouffant.
Tropisme universitaire
La difficulté qu’il y a à écrire sur l’Université est que le chercheur est pris dans son objet et son point de vue peut s’en trouver déformé ou altéré. Cela peut par exemple conduire au sentiment de vivre une période particulièrement vive de changements là où le détour historique donne à voir un processus long et heurté. Ensuite, la focalisation interne peut faire oublier certains angles morts de l’espace considéré ou peut conduire à projeter sur les individus étudiés une partie de ses propres catégories de pensée. Si l’ouvrage de Christophe Granger a le grand mérite de replacer la situation actuelle de l’Université dans le temps long et d’user de la prise de recul historique pour analyser les changements qui l’affectent, il n’échappe pas à quelque tropisme universitaire qui le conduit à regarder l’enseignement supérieur « par le haut ».
D’une part, la vision duale de l’enseignement supérieur adoptée par Christophe Granger, opposant l’Université à l’ensemble des grandes écoles, conduit à en ignorer les lisières. Dans l’ouvrage, il n’est ainsi nulle mention des « petits supérieurs » que sont les Sections de techniciens supérieurs (STS), les Instituts de formations aux soins infirmiers (IFSI) ou encore les écoles du travail social, pourtant soumis et sommés depuis plus longtemps que l’Université à s’ajuster aux attentes du marché du travail et contribuant fortement à l’effort de démocratisation de l’enseignement supérieur.
D’autre part, l’ouvrage se centre presque exclusivement sur les mutations du métier d’enseignant-chercheur et les transformations des conditions de travail des universitaires. Si l’objet de l’ouvrage n’était pas de proposer un point de vue exhaustif sur l’ensemble des personnels de l’Université, il convient néanmoins de ne pas oublier que la précarisation des personnels administratifs constitue également une condition de possibilité du fonctionnement du nouvel ordre universitaire et que les gestionnaires de laboratoire ou les secrétaires de composantes constituent également les variables d’ajustement de la nouvelle économie de la recherche, par la multiplication de tâches invisibles et non reconnues, par la bureaucratisation croissante de leur travail, et par le recours massif à des contractuels.
Indépendamment de ces quelques points critiques, l’ouvrage de Christophe Granger propose une lecture informée, éclairante et nécessaire de l’évolution contemporaine de l’Université et de la recherche publique.

Annonce du colloque Saussure du 9 mai 2016

Saussure et l’avenir des sciences de la culture
Vingt ans après De l’essence double du langage

Université Paris Sorbonne
Maison de la recherche
28 rue Serpente, 75006 Paris
Lundi 9 mai 2016, salle D 223
Journée d’études organisée par
Astrid GUILLAUME et François RASTIER

Vingt ans après la découverte des manuscrits dits de l’Orangerie, notamment De l’essence double du langage , il est temps de faire le point, de mesurer le chemin parcouru et d’évaluer les perspectives qui s’ouvrent.
Le saussurisme s’était édifié pour l’essentiel à partir du Cours de linguistique générale , dont on célèbre cette année le respectable centenaire. Or la publication de nouveaux documents en 2002 a fait paradoxalement de Saussure un auteur de ce siècle, car ils dépassent les critiques adressées jadis au Cours par les post-structuralistes et les déconstructeurs.
Loin des condamnations rituelles d’un structuralisme fantasmé, ils ont permis de reconsidérer et d’approfondir la problématique saussurienne en linguistique, si bien que l’on a pu parler de néo-saussurisme. Les nouveaux développements théoriques et descriptifs intéressent bien entendu la méthodologie de l’analyse grammaticale mais aussi la sémiosis, les formes sémiotiques, les styles, genres et discours. Outre bien sûr la linguistique, des disciplines et champs de recherche comme la stylistique, les études littéraires, les humanités numériques, la sémiotique des cultures et plus généralement l’ensemble des sciences humaines et sociales sont intéressées par le nouvel essor du saussurisme, qui contribue à un projet fédérateur.

Contact et inscription : astrid.guillaume@paris-sorbonne.fr et frastier@gmail.com

Pétition "Open Access ET édition papier"

Je lance une pétition destinée à M. Vincent Montagne, président du Syndicat National de l’Édition, lui demandant d’intervenir pour épargner à l’édition scientifique française la catastrophe qui s’annonce si l’on abandonne l’édition papier au profit du seul internet "gratuit".
Pour signer la pétition :
https://www.change.org/p/vincent-montagne-open-access-et-édition-papier?recruiter=517803182&utm_source=share_petition&utm_medium=email&utm_campaign=share_email_responsive
Et passe à ton voisin !

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